Encyclopédie de l’Islam

Get access Subject: Middle East and Islamic Studies
Éditée par: P.J. Bearman, Th. Bianquis, C.E. Bosworth, E. van Donzel, et W.P. Heinrichs

The Encyclopédie de l’Islam en Ligne is the French edition of the new (2nd) The Encyclopaedia of Islam Online.  The Encyclopaedia of Islam Online (2nd) is generally acclaimed as one of the major scholarly enterprises of the twentieth century. Its more than ten thousand pages are a mine of valuable information for any student and researcher of the Islamic world. All entries in The Encyclopaedia of Islam French Online are linked to the Encyclopaedia of Islam Online so users can easily switch from one language to the other.

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Ṭāʿa

(911 words)

Author(s): Gimaret, D.
(pl. ṭāʿāt), terme du vocabulaire théologique désignant un acte d’obéissance à Dieu, par opposition à son contraire maʿṣiya (pl. maʿāṣī), acte de désobéissance à Dieu, péché. Ṭāʿa et maʿṣiya représentent respectivement la bonne et la mauvaise action, mais ajoutent, ou substituent, à ces notions purement morales le concept religieux de conformité ou nonconformité à la Loi divine. Ṭāʿa n’est pas un terme du Ḳurʾān (les bonnes actions y sont appelées ordinairement al-ṣāliḥāt, ou, beaucoup plus rarement, ḥasana, pl. ḥasanāt, cf. VI, ¶ 160; XI, 114; XXV, 70; XXVII, 89; XXVIII, 84…

Taʾabbaṭa S̲h̲arran

(1,380 words)

Author(s): Arazi, A.
, Surnom du poète ṣuʿlūk préislamique T̲h̲ābit b. Ḏj̲ābir b. Sufyān des Banū Saʿd b. Fahm (groupe Ḳays ʿAylān [Ibn Ḥabīb, Alḳāb, 307]). Il convient de prendre pour ce qu’elles valent les traditions qui s’évertuent à expliquer les raisons de cette appellation («celui qui porte le mal sous le bras»): qu’il s’agisse de serpents, de sabre ou d’un g̲h̲ūl [ q.v.], ce mal, véhiculé par un homme tout jeune, possède une signification légendaire, destinée à accréditer une certaine image du poète; ce dernier est dominé par une disposition innée à la nuisance, et on…

Taʿaddī

(434 words)

Author(s): Taha, Zeinab A.
(a., maṣdar de la forme V de la racine ʿ-d-y), litt. «acte de passer, de dépasser», terme de grammaire arabe désignant la transitivité. On trouve aussi la forme II associée taʿdiya. Le mot s’entend en termes d’effet syntaxique du verbe qui dépasse l’agent pour s’exercer sur l’objet direct (Levin, 1979). En ce sens, le verbe est considéré comme le régissant qui gouverne les flexions syntaxiques de l’agent et de l’objet direct. Des verbes comme kāna («être»), qui est un verbe non-réel, ẓanna («supposer»), qui introduit ce qui était à l’origine le sujet et le prédicat d’une phr…

Taʿad̲j̲d̲j̲ub

(237 words)

Author(s): Gelder, G. J. H. van
(a.), litt. «étonnement», terme de rhétorique. Encore qu’il lui soit parfois attribué une place distincte dans les listes de badīʿ [ q.v.], comme dans le Tard̲j̲umān al-balāgha de Rādūyānī [ q.v.], ou les Ḥadāʾiḳ al-siḥr de Ras̲h̲īd al-dīn Waṭwāṭ [ q.v.], il est plus souvent cité dans des traités de poésie plus généraux au nombre des effets ou objectifs fondamentaux du processus poétique, notamment en matière d’imagerie. Avec sa contrepartie active taʿd̲j̲īb («le fait de provoquer l’étonnement»), il existe dans la tradition aristotélicienne (Ibn Sīnā, Ḥāzim al-Ḳarṭād̲j̲annī [ q.vv.…

Taʿāʾis̲h̲a

(314 words)

Author(s): O’Fahey, R. S.
, l’un des groupements ethniques de langue arabe collectivement appelés Baḳḳāra [ q.v.] «peuple du bétail», qui vivent dans la République du Soudan dans la Gezira méridionale, le Kordofan [ q.v.], le Dār Fūr [ q.v.] et le Tchad oriental. L’origine tribale des Taʿāʾis̲h̲a se trouve dans l’extrême Sudouest du Dār Fūr, avec pour voisins de l’Est les Habbāniyya, auxquels ils sont étroitement associés. On sait peu de choses sur l’histoire des Baḳḳāra, pas plus que sur l’époque et le processus de l’émergence des groupes actuels. Quoi q…

Taʿalluḳ, ou plus souvent Taʿalluḳa

(471 words)

Author(s): Gaborieau, M.
, littéralement «être rattaché à, dépendant de», terme technique d’administration fiscale employé en Inde sous les derniers Mug̲h̲als pour désigner une juridiction, une circonscription fiscale sur laquelle une somme d’impôt fixe devait être levée par un responsable appelé taʿalluḳdār ou taʿalluḳadār. Le mot taʿalluḳ, avec ce sens, apparut dans la seconde moitié du XVIIe siècle durant le règne d’Awrangzīb [ q.v.] dans le cadre de l’affermage progressif des impôts [voir Ḍarība, (6) Inde, (c) Derniers Mug̲h̲als]; il se distinguait du terme indo-persan plus ancien zamīndāri qui imp…

Ṭaʿām

(704 words)

Author(s): Gelder, G. J. H. van
(a.), aliments, nourriture. Sur la nourriture et les habitudes alimentaires, voir G̲h̲id̲h̲āʾ: sur la cuisine et l’art culinaire, voir Ṭabk̲h̲. On traitera ici seulement du savoir vivre à table. Depuis les temps préislamiques, les règles du savoir vivre à table distinguent d’une part l’hôte, d’autre part l’invité. Le principe de base est que le premier doit se montrer aussi généreux que possible, et le second le moins avide possible. Il y a beaucoup à glaner dans les nombreuses anecdotes sur les personnes qui contreviennent…

Taʿarrub

(155 words)

Author(s): Bosworth, C. E.
(a.), nom d’action d’un verbe dénominatif formé sur ʿarab, pl. aʿrāb, au sens de «nomades, bédouins» (tel est le sens ḳurʾānique du dernier terme, p. ex. IX, 98/97, XLIX, 14; taʿarrub lui-même n’apparaît pas dans le Ḳurʾān). Dans l’Islam ancien, taʿarraba et son synonyme plus rare tabaddā désignent le retour au désert arabique après la hid̲j̲ra [ q.v.] vers ¶ les villes de garnison ( amṣār [voir Miṣr. B]) et la participation aux campagnes militaires destinées à étendre l’empire arabe et le territoire de l’Islam. Une partie de ce mouvement de retour au désert ét…

Taʿaṣṣub

(5 words)

[Voir ʿAṣabiyya ].

Taʿāwīd̲h̲ī

(6 words)

[Voir Ibn al-Taʿāwīd̲h̲ī ].

Taʿāwun

(1,636 words)

Author(s): Couland, J.
(a.), coopération dans toutes les acceptions modernes de ce terme. Nom d’action et quelquefois nom abstrait, concurrencé, dans ce dernier cas, par taʿāwuniyya (coopérativisme). Installé au début du XXe siècle, par glissement du sens d’entraide (toujours en usage), pour désigner ce champ, avec le qualificatif taʿāwunī (coopératif ), le participe actif mutaʿāwin (coopérateur), puis, plus tard, le substantif taʿāwuniyya (coopérative, surtout agricole, mais aussi de consommation, de logement, de crédit, d’artisans, de producteurs). S’applique depuis le mil…

Taʿawwud̲h̲

(333 words)

Author(s): Heinrichs, W. P.
(a.) désigne l’énonciation de l’expression aʿūd̲h̲u bi-llāhi min...«Je me réfugie auprès de Dieu contre. . .», suivie de la mention de la chose redoutée ou détestée. Le mot istiʿād̲h̲a «chercher refuge» est souvent employé comme synonyme. L’expression, avec des variantes, est bien attestée dans le Ḳurʾān, en particulier dans les deux dernières sūras dont chacune n’est autre qu’un taʿawwud̲h̲ développé [voir al-Muʿawwid̲h̲atāni ]. L’énumération en forme de litanie de choses détestées dans la première de ces deux sūras préfigure des traits analogues dans nombre d’invocatio…

Ṭabaḳa

(530 words)

Author(s): Levanoni, Amalia
(a.), pl. ṭibāḳ ou aṭbāḳ, fait partie du vocabulaire de l’organisation militaire mamlūke. Les ṭibāḳ étaient les casernes de la Citadelle du Caire, Ḳalʿat al-Ḏj̲abal, où les sultans mamlūks (648-922/ 1250-1517) entretenaient les quartiers des Mamlūks Royaux, ainsi que les académies militaires où étaient formés les mamlūks récemment achetés. La première ¶ mention des ṭibāḳ remonte au règne d’al-Ẓāhir Baybars qui «installa...pour les mamlūks des casernes surplombant la grande porte d’al-Birka; à l’intérieur de la porte d’al-Ḳarāfa, il construisit. . . un grand…

Ṭabaḳāt

(2,987 words)

Author(s): Gilliot, Cl.
, pl. de ṭabaḳa, «toute chose qui est en relation avec une autre et qui lui est semblable ou analogue, d’où une couche de choses de même espèce» (Flügel, Classen, 269, n. l). De là on passe à l’idée d’un «rang attribué à un groupe de personnages ayant joué un rôle dans l’histoire à un titre ou à un autre, classés en fonction de critères déterminés d’ordre religieux, culturel, scientifique, artistique, etc.» (Hafsi, I, 229; cf. Tahānawī, Kas̲h̲s̲h̲āf, 917). En onomastique, ¶ «livre de classes» de personnages regroupés par «catégories» et ordonnés par «générations». I. En lexicographie et …

Tabāla

(262 words)

Author(s): Smith, G. R.
, ville et wādī des marches septentrionales de l’émirat du ʿAsīr, dans l’actuelle Arabie Saoudite, à environ 200 km à vol d’oiseau de la côte de la mer Rouge, et à moins de 100 km à l’Ouest de Bīs̲h̲a (Zaki M. A. Farsi, National guide and atlas of the Kingdom of Saudi Arabia, carte 34, G5). La ville est ancienne, et figure dans la littérature relative au Prophète. Al-Wāḳidī (éd. Marsden Jones, Londres 1966, II, 853-4 et III, 981) mentionne à deux reprises des expéditions contre Ḵh̲at̲h̲ʿam à Tabāla en 8/629 et 9/630. Il est indiqué dans plusieurs sou…

TabannIN

(1,155 words)

Author(s): Chaumont, E.
(a.), adoption. Ce terme — maṣdar de la Ve forme issu de la racine bilitère [ b n] qui a également donné ibn («fils») — s’utilise, tout comme dans les langues occidentales, au sens propre (adopter un enfant) et au sens figuré (adopter une doctrine, etc.) Cet article ne concerne que l’adoption au sens propre. ¶ Le Ḳurʾān (XXXIII, 5 et 37; deux versets de la période médinoise) étant clair sur ce point, il n’y a aucune controverse parmi les légistes musulmans des différentes Écoles en ce qui regarde l’interdiction stricte de l’adoption plénière. L’occasion ( al-sabab) de la révélation de Ḳurʾ…

al-Ṭabarānī

(355 words)

Author(s): Fierro, Maribel
, Abū l-Ḳāsim Sulaymān b. Aḥmad b. Ayyūb b. Muṭayyir al-Lak̲h̲mī, un des plus importants traditionnistes de son époque (260/873-360/ 971). Il aurait commencé ses études de ḥadīt̲h̲ à l’âge de treize ans. Sa formation se déroula dans sa Syrie natale, en ʿIrāḳ, au Ḥid̲j̲āz, au Yémen, en Egypte, et il aurait fréquenté un millier de maîtres au cours d’une riḥla fī ṭalab al-ʿilm qui dura trente-trois ans. Au nombre de ceux-ci, il faut citer Abū Zurʿa al-Dimas̲h̲ḳī, al-Dabarī et al-Nasāʾī [ q.v.]. Il mourut à Iṣfahān, où il avait résidé pendant soixante ans sous l’égide du gouverne…

al-Ṭabarī

(1,393 words)

Author(s): Bauden, F.
, Aḥmad b. ʿAbd Allāh b. Muḥammad b. Abī Bakr Muḥibb al-dīn Abū Ḏj̲aʿfar et Abū al-ʿAbbās, traditionniste et jurisconsulte s̲h̲āfiʿite né le 27 d̲j̲umādā II 615/20 septembre 1218 et décédé le 2 d̲j̲umādā II 694/19 avril 1295. Considéré comme le plus grand savant de son siècle au Ḥid̲j̲āz, al-Ṭabarī naquit dans une famille récemment installée à la Mekke et appelée à en devenir l’une des buyūtāt les plus importantes. Son arrière-grand-père, Abū Bakr, émigra du Ṭabarīstān vers la ville sainte dans les années 70 du VIe/XIIe siècle. Il s’y maria et eut sept fils et une fille. Dès la s…

al-Ṭabarī

(5,867 words)

Author(s): Bosworth, C. E.
, Abū Ḏj̲aʿfar Muḥammad b. Ḏj̲arīr b. Yazīd, esprit universel dont les compétences englobent la tradition et le droit mais qui est surtout connu pour avoir été l’historien universel par excellence et le commentateur du Ḳurʾān des trois ou quatre premiers siècles de l’Islam, né au cours de l’hiver 224-5/839 à Āmul, mort à Bag̲h̲dād en 310/923. 1. Sa vie. On se doit tout d’abord de remarquer que les œuvres d’al-Ṭabarī, lorsqu’elles nous sont parvenues, ne fournissent que très peu de données biographiques bien qu’elles nous mettent souvent sur la voie de se…

al-Ṭabarī

(1,437 words)

Author(s): Thomas, D.
, ʿAlī b. Rabban, Chrétien du IIIe/IXe siècle converti à l’Islam, connu pour ses écrits en ¶ médecine et pour deux ouvrages où il montre les faiblesses de sa foi première et la véracité de celle qu’il a embrassée. Le nom du père de ʿAlī apparaît sous plusieurs formes. Ibn al-Ḳifṭī explique que le mot, lu par divers auteurs et leurs copistes comme un nom, était en réalité le titre juif al-rabban, qui était donné aux experts en loi religieuse, et que le père de ʿAlī était un érudit juif distingué ( Ṭ. al-Ḥukamāʾ, Caire 1326, 128, 155, ce qui fut repris par Ibn Abī Uṣaybiʿa, ʿUyūn al-anbāʾ éd. Müller, I…
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